Formation et mobilité des jeunes en Europe
Faire connaître les opportunités de mobilité en Europe pour tous les jeunes engagés dans une formation en alternance ou un apprentissage, c’est l’objectif su site Mavoiepro Europe lancé conjointement par l’Onisep (Office national d’information sur les études et les professions) et l’Agefa PME (Association de gestion des formations en alternance pour les Petites et moyennes entreprises).
Stages, études, jobs, volontariat, bénévolat, sur tous ces sujets le site propose des témoignages, des informations et des conseils pour les jeunes intéressés ainsi que des ressources pour les enseignants, les équipes éducatives et les entreprises impliquées.
En 3 grandes rubriques, Mavoiepro Europe explore tous les intérêts de la mobilité en termes d’acquisition de connaissances et de compétences, de découverte d’autres cultures et d’autres environnements professionnels.
Les outils européens reprend par le détail les dispositifs mis en place au niveau européen pour faciliter l’échange de pratiques et de connaissances (Erasmus ou Leonardo, programmes d’échanges étudiants désormais bien implantés sont ainsi expliqués et décortiqués).
Le kit de la mobilité est une véritable boîte à outils sur le sujet avec un agenda de contacts régionaux très complet qui permet de savoir où s’adresser et comment procéder que l’on soit étudiant, lycéen… ou ni l’un ni l’autre.
La voie pro en Europe présente de manière synthétique les situations, disparates, dans les différents pays de l’Union européenne qui sont susceptibles d’accueillir les jeunes intéressés.
Le site trouve un complément tout indiqué avec Monstageenligne Europe, autre site propulsé par l’Onisep qui, comme son nom l’indique, permet d’organiser de A à Z son voyage et sa formation en Europe.
@Connaître :
Ma voie pro Europe
Mon stage en ligne Europe
La télévision en ligne du parlement européen : EuroparlTV
Le Parlement européen est en vacances, comme beaucoup d’institutions en ce mois d’août, mais cela ne doit pas vous empêcher de découvrir la télévision en ligne qu’il anime.
EuroparlTV fait la part belle à la vie parlementaire et à son actualité (avec notamment un “JT” et de nombreux magazines) mais elle traite également différents thèmes comme la crise économique et financière, les droits de la femme et l’immigration.
Un rien rébarbatif, le site est néanmoins utile pour suivre l’activité des différentes commissions ou les débats des séances plénières, il permet également de retrouver un ensemble de documents vidéos à partir du moteur de recherche qui sonde le fonds par date, par orateur ou encore par mot-clé.
On peut ainsi retrouver l’ensemble des débats ou sessions qui ont traité des problèmes de l’emploi et télécharger librement une intervention ou un débat dans son intégralité. La possibilité de poster les vidéos sur les réseaux sociaux et les sites web grâce aux codes d’imbrication fournis est un plus appréciable.
EuroparlTV fait également une large place au Parlement des jeunes avec notamment le programme Eureka, chaîne pédagogique sur les différentes facettes de la vie européenne, ou encore Parlons-en qui présente différents débats européens d’actualité (pêle-mêle : les OGM, l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne, le changement climatique, pourquoi voter ?, etc.).
@Visiter :
EuroparlTV
Europass : se former et travailler en Europe
L’Union européenne a mis en place, en 2005, un programme destiné à faciliter l’accès à la formation et à l’emploi en Europe et donc à favoriser la mobilité dans l’ensemble des états membres de l’Union.
Europass réunit cinq outils : le CV européen, le passeport de langues, l’Europass mobilité, le supplément au certificat et le supplément au diplôme.
Ils sont désormais présentés sur un site complètement rénové qui simplifie grandement l’accès à l’information et permet plus aisément de mettre en valeur auprès d’employeurs potentiels dans toute l’Union ses qualifications et ses compétences.

Ainsi, chacun peut créer son curriculum vitae en ligne et également son passeport de langues, éventuellement à partir de modèles proposés sur le site, afin de décrire son parcours et de présenter l’ensemble de ses aptitudes.
Ces outils peuvent être complétés, quand on a déjà eu l’occasion de se former ailleurs en Europe, par la présentation des périodes d’apprentissage accomplies à l’étranger (stage en entreprise, études à l’université ou toute autre expérience de formation) via l’Europass mobilité.
Le site permet également de se mettre en lien avec le centre national Europass qui, dans chaque pays membre, coordonne la gestion des documents Europass.
@Visiter :
Europass
Violences sexistes et sexuelles au travail, un scandale appelé à perdurer
J’assistais mardi dernier, à la Maison de l’Europe, au colloque Pour ne pas perdre sa vie à la gagner ! organisé à l’initiative de Karima Delli, membre de la commission de l’emploi et des affaires sociales du Parlement européen, et Basta!, “agence d’informations indépendantes sur l’environnement et les alternatives sociales” lancé par l’association Alter-médias.
Différentes interventions ont rythmé la matinée qui ont toutes souligné les profondes transformations du travail au cours des trente dernières années et leur impact soupçonné – souvent – démontré – parfois – sur la santé des travailleurs. Un seul chiffre pour attester de l’importance de la question : 168000 personnes meurent chaque année en Europe à la suite d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle d’après les chiffres de la Commission des affaires sociales du parlement européen, soit un décès toutes les 3 minutes.
Je reviendrai dans un prochain billet sur ces transformations et les dégradations de la qualité de vie au travail qui les accompagnent mais je souhaite aujourd’hui insister sur l’intervention de Marilyn Baldeck concernant les violences sexistes et sexuelles au travail.
Marilyn Baldeck est juriste et déléguée générale de l’association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), elle assure le suivi des dossiers en instruction défendus par l’association.
Elle dénonce le tabou persistant qui revient à nier la réalité des violences sexistes et sexuelles au travail alors qu’une enquête de l’Insee, menée en 2007, montre que près de 5% des viols dont les femmes sont victimes se produisent sur le lieu de travail soit, au bas mot (on connaît la sous-déclaration chronique des viols), 3000 par an.
Elle livre des exemples éloquents de la force de ce tabou :
- Elle n’est jamais invitée dans les colloques qui traitent, pourtant, de la souffrance ou de la violence au travail ; elle souligne par ses remerciements aux organisateurs combien une journée comme celle-ci relève de l’exception.
- Elle confie avoir dû prétendre parler de harcèlement moral au travail pour parvenir à être invitée par le MEDEF et finalement traiter du harcèlement sexuel.
- Elle rappelle les obligations légales de prévention des entreprises, qui ne s’en acquittent pas, et dénonce le déni des directions des ressources humaines qui la renvoient immanquablement aux “impondérables des relations hommes-femmes”.
- Elle fustige l’inaction des syndicats qui commencent, à peine, à prendre la mesure du problème et à former leurs représentants.
- Elle déplore enfin que les médecins du travail (qui peuvent exiger de l’employeur qu’il trouve une solution) et les inspecteurs du travail (qui peuvent saisir le procureur de la république et diligenter une enquête) n’aient jamais tenu leur rôle et ne soient plus, aujourd’hui, en mesure de le faire.
Pourtant, la France est, en apparence, un des pays de la Communauté européenne les plus avancés en matière de lutte contre le harcèlement sexuel… mais en apparence seulement.
Car si la France est le seul pays d’Europe a disposer d’une loi pénale, et ce depuis 1992, dans les faits elle ne l’applique pas ou très mal, malgré une directive européenne de 2002 qui obligeait les états à mettre à jour leur législation avant 2005 et finalement intégrée par la France dans une loi du 27 mai 2008. Mais cette loi ne s’impose pas aux législations précédentes et donc les prud’hommes ne l’appliquent pas.
Ainsi, la loi de 1992 définit le harcèlement sexuel comme “le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle”, un énoncé parfaitement tautologique et qui suppose en outre la nécessité d’une intention. C’est cette intention que la législation européenne récuse estimant que les effets du comportement dénoncé suffisent à caractériser l’infraction. Mais les tribunaux français restent sourds, et souvent aveugles ; les harceleurs agissent donc en toute impunité, pour preuve les 78 condamnations pour harcèlement sexuel prononcées en 2009 à rapprocher du nombre de viols, déjà cité, 3000 en 2007 !
Au final, Marilyn Baldeck est conduite à affirmer que le harcèlement sexuel est bel et bien un risque lié au travail et que la société française demeure profondément machiste comme en témoignent les propos des employeurs qu’elle entend régulièrement dans les prétoires, même en Cour d’appel, et qui défendent l’idée que “la main aux fesses participe à la bonne ambiance dans l’entreprise” et donc à la productivité.
La législation française en vigueur :
Code pénal
Article 222-33
“Le fait de harceler autrui dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.”
Code du travail
Article L1153-1
“Les agissements de harcèlement de toute personne dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle à son profit ou au profit d’un tiers sont interdits.”
Article L1153-2
“Aucun salarié, aucun candidat à un recrutement, à un stage ou à une période de formation en entreprise ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, notamment en matière de rémunération, de formation, de reclassement, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement de contrat pour avoir subi ou refusé de subir des agissements de harcèlement sexuel.”
Article L1153-5
“L’employeur prend toutes dispositions nécessaires en vue de prévenir les agissements de harcèlement sexuel.”
Loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d’adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations
@Consulter :
Pour ne pas perdre sa vie à la gagner ! : Quel était le programme ?
@Connaître :
Libres et égales, le site de l’AVFT
Violences sexistes et sexuelles au travail, Faire valoir vos droits, 2ème édition, 2011





