Philippe Askenazy est directeur de recherche au CNRS, professeur à l’École d’économie de Paris et chroniqueur au journal Le Monde ; il mène dans cet ouvrage une analyse critique des politiques de l’emploi menées en France depuis bientôt 40 ans c’est-à-dire depuis les gouvernements Chirac-Barre immédiatement après le premier choc pétrolier jusqu’aux gouvernements Fillon. Il pointe les résultats pour le moins médiocres des dispositifs publics d’aide à l’emploi et tente un premier bilan, à chaud, des mesures prises 2007 avant de conclure sur un chapitre de réflexions et de propositions.
Philippe Askenazy, Les Décennies aveugles. Emploi et croissance 1970-2010, Ed. du Seuil, 2011, 307 p., 19 euros
Je vous recommande, avant tout achat, la lecture de la critique très complète de l’ouvrage réalisée par Matthieu Bunel pour vous faire une idée précise.
Matthieu Bunel, « Emploi : bilan et perspectives », La Vie des idées, 6 mai 2011. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Emploi-bilan-et-perspectives.html
Voici un ouvrage historique qui étudie comment s’établit la limite entre travail libre et travail forcé, entre esclaves et domestiques par exemple. Mais au-delà de cette simple différenciation, les différentes contributions réunies dans l’ouvrage soulignent comment le contrat de travail ne suffit pas à effacer, loin de là, la contrainte ; comment le contrat exerce lui aussi une contrainte…
Alessandro Stanziani (dir.), Le Travail contraint en Asie et en Europe, XVIIe-XXe siècles, Paris, Éditions de la MSH, 2010. 337 p., 27 euros
Présentation détaillée :
Clément Dherbécourt, « Sommes-nous libres de travailler ? », La Vie des idées, 2 juin 2011. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/Sommes-nous-libres-de-travailler.html
Sociologue, directeur du Laboratoire de changement social à l’université Paris 7-Diderot, Vincent de Gaulejac s’interroge sur une crise qui, à force de durer, ressemble toujours davantage à une dégradation irrémédiable des conditions de travail. La gestion des ressources humaines est conditionnée par la seule loi de la rentabilité, la Révision générale des politiques publiques (RGPP) soumet l’emploi public à une réorganisation qui semble surtout mener à une totale désorganisation. Au final, les salariés “semblent n’avoir pas d’autre choix que de se révolter ou de se détruire.”
Vincent de Gaulejac, Travail, les raisons de la colère, Paris, 2011, Ed. du Seuil, Coll. Economie humaine, 334 p., 19,95 euros
Si vous n’avez pas encore lu l’ouvrage de Bénédicte Zimmermann, Ce que travailler veut dire. Une sociologie des capacités et des parcours professionnels que je vous présentais en début d’année dans une précédente sélection, je vous invite à consulter la note de lecture de François Granier qui, je pense, finira de vous convaincre.
@Billet en rapport :
Sens du travail…
@Note de lecture :
François Granier, « Bénédicte Zimmermann, Ce que travailler veut dire. Une sociologie des capacités et des parcours professionnels », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2011, mis en ligne le 07 mars 2011, consulté le 18 juin 2011. URL : http://lectures.revues.org/1306
Je vous présentais également, au tout début du printemps, l’ouvrage d’un collectif d’économistes qui se disaient atterrés, notamment par l’accumulation des fausses évidences qu’on nous ressasse à propos de la crise financière. Ils viennent de récidiver avec un ouvrage tout aussi dérangeant qui analyse les politiques et les décisions (ou parfois, plutôt, l’absence de décisions) prises par la Communauté européenne ces 20 dernières années en matière économique, financière, fiscale. Un regard aigu qui peut apporter un nouveau jour à la très actuelle “crise grecque”.
@Article en rapport :
630 économistes atterrés, 10 fausses évidences éventées
@Lire :
Les économistes atterrés, 20 ans d’aveuglement l’Europe au bord du gouffre, Paris, 2011, Ed. Les liens qui libèrent, 174 p., 8,50 euros
@Visiter :
Le site des Economistes atterrés
Enfin, même si nous nous retrouvons quelque peu hors sujet ou, plutôt, hors des sentiers battus, je ne voudrais pas vous laisser partir en vacances sans le remarquable petit guide du promeneur que nous livrent les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot ; si vous passez par Paris, les promenades proposées par les auteurs en 2009 restent un régal d’insolite, à ne pas manquer…
Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Paris. Quinze promenades sociologiques, Ed. Payot, Paris, 2009, 260 p., 19 euros