4 parutions récentes qui analysent les évolutions des pratiques de recrutement, de la vie des salariés et des entreprises

Un rapport de recherche du Centre d’études de l’emploi, en réponse à un appel à projet de la Dares et de la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité), qui avait “pour objet d’affiner la connaissance des pratiques de recrutement et de caractériser leur sélectivité” nous propose une série d’analyses sur plusieurs grandes thématiques : la gouvernance et les canaux de recrutement ; les critères d’évaluation et la sélectivité ; la discrimination, l’exclusion, et la diversité.

@Lire :
Pratiques de recrutement et sélectivité sur le marché du travail, Yannick Fondeur (coord.), Michèle Forté, Guillemette de Larquier (coord.), Sylvie Monchatre, Géraldine Rieucau, Marie Salognon, Ariel Sevilla, Carole Tuchszirer, Centre d’études de l’emploi, avril 2012, 228 p. (à télécharger au format PDF)

Sur l’un des thèmes de la recherche précédente, la discrimination, l’ouvrage de Vincent Edin, journaliste, et Saïd Hammouche, fondateur de Mozaïk RH (cabinet de recrutement à but non lucratif pour l’accompagnement des jeunes diplômés des quartiers dans leur recherche d’emploi) apporte un éclairage cru et réaliste sur des pratiques tristement ordinaires qui atteignent leurs victimes dans leur recherche d’emploi ou de logement ou encore au long de leur parcours scolaire et universitaire.

@Consulter :
Chronique de la discrimination ordinaire, Vincent Edin, Saïd Hammouche, Ed. Gallimard, Coll. Folio actuel, Paris, 2012, 240 p., 3,60 euros

La parution de l’ouvrage suivant remonte au mois de février mais je n’ai encore fait que le feuilleter ; il mérite néanmoins qu’on s’y arrête car il peut s’avérer utile pour mieux gérer les tracas, émotions et frustrations que les relations avec des collègues de travail, parfois indélicats, peuvent entraîner.
Un sujet qui n’est pas anecdotique, pour preuve la décision de la Cour d’appel de Versailles qui a décidé “que les manquements délibérés répétés aux règles élémentaires du savoir-vivre” d’un salarié, qui gênait ses collègues par des éructations régulières et des flatulences “non dissimulées” , “générateurs de tensions dans ses relations avec ses collègues de travail, constituent une cause réelle et sérieuse de licenciement”.

@Consulter :
Comment dire à un collègue qu’il sent mauvais sous les bras, Alexandre Dubarry, Ed. Leduc S., Paris, 2012, 256 p., 17,58 euros

Enfin, le dernier ouvrage de ce bref panorama offre une perspective plus optimiste en nous intéressant au modèle de l’entreprise sociale, tourné vers le profit de l’homme et de l’environnement plus que vers le seul profit financier.
Quelles sont les conditions du développement de l’entreprise sociale et, surtout, quelles conditions économiques et politiques faut-il remplir pour faciliter ce développement sont les questions principales auxquelles ce livre propose de répondre.

@Consulter :
L’entreprise du XXIe siècle sera sociale (ou ne sera pas), Jean-Marc Borello, François Bottollier-Depois, Nicolas Hazard, Ed. Rue de l’échiquier, Paris, 2012, 320 p., 19,27 euros

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Face à l’emploi : CV vidéo contre préjugés

La Fondation agir contre l’exclusion (FACE) met en place la première plateforme numérique nationale pour l’emploi des jeunes issus des quartiers populaires.

FACE : qu’est-ce que c’est ?
“Créée en 1993 par Martine Aubry et à l’initiative de 15 grandes Entreprises Nationales, la Fondation Agir Contre l’Exclusion FACE, reconnue d’utilité publique, rassemble aujourd’hui plus de 3500 Entreprises Locales et Nationales souhaitant s’inscrire dans une relation dynamique avec leur environnement social.”

Extrait de la présentation sur le site de la fondation

L’intention est claire, il s’agit de favoriser l’insertion professionnelle d’une population en butte aux préjugés. Les recruteurs répugnent à recevoir ces candidats, tous les acteurs en témoignent, toutes les expérimentations l’attestent.
Le moyen choisi, le CV vidéo, veut casser ces logiques discriminatoires à l’oeuvre que le CV anonyme n’est pas parvenu à bousculer.
En 45 secondes, les candidats devront mettre en avant leurs compétences, c’est l’objet de l’exercice, mais surtout faire exploser des représentations solidement ancrées dans des esprits étroits, c’est le pari de l’initiative.

Xavier Bertrand (Ministre du travail, de l’emploi et de la santé) a pour sa part indiqué que “le CV Vidéo permet de montrer sa motivation, sa détermination bien mieux que le CV traditionnel” et qu’ “à moyen terme, grâce à cette expérimentation, on peut espérer un changement de regard des entreprises sur les jeunes des quartiers prioritaires” explique le ministère dans sa présentation du projet.

2012 sera une année expérimentale qui concernera 1.500 jeunes issus de six quartiers prioritaires des agglomérations de Dijon, Dreux, Meaux, Mulhouse, Paris et Rennes.

@Découvrir :
Face à l’emploi

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Les femmes au travail ne sont pas à la fête, quel que soit le jour

De plus en plus les femmes se rapprochent des hommes dans leur rapport au travail… enfin, presque !

D’abord par le nombre, l’évolution la plus notable des marchés du travail en Europe depuis les années 1960 est en effet l’explosion du travail des femmes.
Ainsi, en France, si le nombre d’hommes salariés est passé de 10,2 millions en 1970 à 11,3 millions en 2002, dans le même temps le nombre de femmes salariées est passé de 5,7 millions à 10 millions ! : pratiquement du simple au double.

Vous pouvez retrouver ces données, issues de statistiques croisées de l’OCDE et de l’Insee, et bien d’autres encore dans le synthétique mais très complet ouvrage de Margaret Maruani paru aux éditions La Découverte (Collection Repères) en 2011 :
Travail et emploi des femmes
Vous pouvez également lire le compte-rendu de l’entretien qu’elle a accordé à Alternatives économiques sur ce même thème :
“Depuis toujours les femmes travaillent”

Ensuite par le niveau d’éducation et donc de diplôme obtenu : de ce point de vue, et ce n’est pas récent, les femmes dominent même largement les hommes.
L’Insee indique par exemple, pour les classes d’âge de 25 à 34 ans et de 35 à 44 ans, que la proportion de femmes ayant un diplôme de niveau Bac+2 atteint 20,1 % (25/34 ans) et 16,7 % (35/44 ans) contre 16 % et 14 % pour les hommes. L’écart reste du même ordre de grandeur dans les deux classes d’âge pour les diplômes de niveau Bac+3 et plus.

Vous pouvez retrouver le détail des données sur le site de l’Insee :
Diplôme le plus élevé obtenu selon l’âge et le sexe en 2010

Il n’empêche, on le sait, les femmes connaissent une réussite professionnelle moindre que celle des hommes, les salaires qu’elles perçoivent sont, à fonction égale, inférieurs à ceux des hommes (et les écarts sont quasiment constants, année après année), la précarité de leur emploi (temps partiels contraints par exemple) ou de leur contrat de travail (intérim, CDD) est bien supérieure à celle que connaissent les hommes. On pourrait continuer longtemps la litanie.

A titre d’illustration, on peut consulter les données de l’Observatoire des métiers de la presse à propos du métier de journaliste en 2010 ; données analysées par Erwann Gaucher dans un article publié sur son site :
Y-a-t-il trop de journalistes en France ?

Pire, les femmes sont victimes, quotidiennement, de discriminations et de harcèlements de tous ordres ; pour preuve ce bref florilège :

« 20% des femmes en couple ont renoncé ou reporté une grossesse pour le boulot », sur Elle active
“Un enfant ? Cela va poser un problème…”, sur Le Monde Economie
Violences sexistes et sexuelles au travail, un scandale appelé à perdurer, sur ce blog

Il y a cependant un domaine, au moins, dans lequel les femmes semblent déjà à égalité avec les hommes : elles connaissent le stress et ses conséquences néfastes pour la santé.

Les résultats de l’étude “réalisée par le docteur Michelle Albert et ses collègues du Brigham and Women’s Hospital” sont éloquents :
Les femmes et le stress au travail

Mais, bon, ne soyons pas négatif à l’excès : il y a une chose que les hommes n’auront jamais, c’est une journée en leur honneur.
Réjouissez-vous mesdames.

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Paris de la diversité et du premier emploi

Carrefours pour l’emploi et la mairie de Paris organisent le 16 février à Paris un salon “réservé aux employeurs promouvant la diversité, l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations”.
L’occasion, en particulier pour les plus jeunes à la recherche d’un premier emploi, de se frotter aux recruteurs et de rencontrer pour un premier entretien les entreprises présentes.
Aucune inscription préalable n’est nécessaire, ce qui ne pas doit empêcher de se préparer, de mettre à jour son curriculum vitae. A ce sujet, le site du salon propose des outils simples et pratiques pour préparer au mieux la visite : des conseils pour présenter un CV, pour se préparer à un entretien d’embauche, etc. Un guide du candidat, édité par les organisateurs, recense toutes les offres d’emplois proposées sur le salon et les employeurs ou les directions des ressources humaines présents.

A noter également, c’est une particularité qui devrait à mon sens être la règle, la présence sur place le jour du salon d’interprètes en langue des signes (LSF) et la mise à disposition de plans en braille.

@Préparer votre visite :
Le guide pratique du candidat 2012
Le guide Travailler à Paris, 24 pages d’informations et de conseils pour mener sa recherche d’emploi dans la capitale, édité par la mairie de Paris
Un numéro de téléphone, le 01 53 95 15 15, est à votre disposition pour toute information utile sur le salon

@Comment s’y rendre ? :
Paris de la diversité et du premier emploi
16 février 2012 de 9h à 18h
Cité des sciences et de l’industrie, Espace Condorcet, 30 avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris
Métro : Ligne 7, station Porte de la Villette ou Corentin Cariou
Autobus : Lignes 139, 150, 152, PC2 et PC3, arrêt Porte de la Villette

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Les malades du SIDA ont des droits

Chaque 1er décembre est, depuis de – trop – nombreuses années, la journée mondiale contre le SIDA. L’occasion de revenir sans cesse sur la nécessité de la prévention, de la protection, du soin : vous l’entendrez souvent dans les heures qui viennent il y a toujours plusieurs milliers de contaminations chaque année en France et bien plus de personnes encore, 40000 environ, qui sont atteintes mais l’ignorent et peuvent donc contaminer leurs partenaires.

Le mot d’ordre cette année, c’est “objectif zéro” : zéro contamination, zéro décès, zéro discrimination…
L’occasion pour moi de rappeler l’existence d’un Guide des droits sociaux des malades du SIDA publié en 2010 par l’association Act Up .
Il s’adresse bien sûr aux personnes vivant avec le VIH mais il sera – il est déjà – indispensable aux travailleurs sociaux qui sont amenés à les soutenir et à toutes les personnes que le SIDA intéresse ou concerne. Plus encore ce guide est destiné aux responsables politiques, aux dirigeants, aux acteurs du monde travail qu’il souhaite informer sur les dispositifs réglementaires et législatifs existants mais qu’il interpelle également sur les dysfonctionnements qui persistent et les discriminations qui les accompagnent.
Le guide, fort de 200 pages denses d’informations précises, traite toutes les questions liées à la prise en charge médicale, à la vie quotidienne, au milieu du travail, aux droits des minorités, aux droits et prestations et, enfin, aux recours possibles.

@Connaître :
SIDA, le guide des droits sociaux (à télécharger au format pdf)

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