On le sait, un curriculum vitae doit être synthétique, donc aussi court que possible mais également représentatif de vos compétences, de votre expérience, etc. donc complet… C’est un véritable tour de force en somme qui est exigé de chaque candidat : faire court et exhaustif !
Cela conduit parfois certains à négliger voire à supprimer ce qui leur semble accessoire et notamment leurs centres d’intérêts, c’est-à-dire – puisqu’il faut faire court ! – leurs activités extra-professionnelles. A mon sens c’est un tort car les recruteurs, même s’ils lisent vite et vont à l’essentiel, sont toujours sensibles à tout ce qui peut faire sortir un CV du lot commun et cette rubrique est l’espace idéal pour souligner votre originalité.
Quel intitulé choisir ?
Centres d’intérêt me paraît à la fois le plus simple et le plus évocateur, plus signifiant en tout cas que “Hobbies” ou “Loisirs”, bien meilleur que “Divers” ou “Autres”.
J’ai parfois lu “En dehors du temps de travail” ou “Après le travail”. Ces solutions ont l’avantage de l’originalité… et ses inconvénients.
Que peut-elle contenir ?
La palette est vaste mais il vous faudra choisir : cette rubrique doit rester un complément, un plus ; elle n’a pas vocation à prendre autant de place que votre expérience professionnelle et, ici comme ailleurs, l’excès d’originalité ou la trop grande diversité de vos “autres” activités risque de vous desservir. Il serait dommage que le recruteur en vienne à penser que vous préférez vous “amuser” plutôt que de travailler.
Par ailleurs, cette rubrique revêt une importance différente selon la nature de votre parcours : un candidat riche d’expériences professionnelles doit chercher à valoriser celles-ci et sera donc naturellement conduit à réduire cette partie secondaire tandis qu’un candidat sans expérience pourra au contraire insister sur son dynamisme et son esprit d’initiative en développant ce chapitre. En résumé, plus l’on est jeune plus les centres d’intérêt revêtent de l’importance, plus on avance en âge et plus ils sont accessoires.
Enfin, en toute logique, les activités collectives ou tournées vers les autres auront plus d’impact que les occupations individuelles : que vous disposiez d’une très belle collection de timbres ou que vous soyez passé maître dans l’art du point ce croix risque de laisser le recruteur de glace alors qu’il lèvera assurément un sourcil si vous lui faites part de votre implication dans la vie d’une association ou de votre participation dans l’animation d’un club de sport.
Vous pouvez donc y faire figurer vos loisirs et vos passions, vos activités sportives et/ou associatives, vos “petits boulots” ou vos activités occasionnelles. Ce dernier point est important en particulier, encore une fois, pour les plus jeunes et plus généralement pour ceux qui ont peu d’expérience professionnelle. Quand on a fait du soutien scolaire ou donné des cours particuliers, assisté une personne dépendante, etc. il peut être difficile de “caser” ces activités dans les autres rubriques du CV, ici elles trouveront leur place et leur pertinence.
Une règle d’or : à chaque fois que vous songez à faire figurer une activité dans cette rubrique, cherchez à répondre à cette question simple, représente-t-elle un atout supplémentaire au regard de mon projet professionnel et du poste auquel je postule ?
Cette règle en appelle une seconde, qui doit valoir à chaque candidature : vous vous adressez à chaque recruteur différemment parce que chaque poste est différent, vous adaptez donc votre CV au poste auquel vous postulez. Si vous pouvez faire valoir en général 3, 4 ou 5 centres d’intérêt différents, vous ne les citerez pas tous, d’abord parce que le trop est l’ennemi du bien, ensuite parce que seuls 2 ou 3 vous paraîtront pertinents.
Comment la rédiger ?
Une première règle à respecter en la matière est d’être descriptif pour que le recruteur puisse y lire l’atout supplémentaire que vous cherchez à mettre en évidence.
Ainsi, la simple énumération (“lecture, cinéma, course à pied”) ne présente guère d’intérêt ; en revanche la mise en avant de l’une ou l’autre de ces activités peut se justifier si, par exemple, vous participez à l’animation d’un ciné-club ou que vous participez avec votre club à des compétitions sportives (cross, marathon, triathlon). Vous êtes grand voyageur ? Préférez souligner votre goût pour les voyages en expliquant les raisons qui vous animent plutôt que d’énumérer la totalité de vos escapades.
Et si rien ne vous semble digne de figurer dans cette rubrique ?
Vous avez beau retourner les choses dans tous les sens, vous ne parvenez pas à trouver la manière de mettre en avant vos centres d’intérêt. Préférez ne rien inscrire plutôt que de tomber dans la banalité ou, pire, de déformer la réalité. Attendez-vous toutefois à ce que, lors de l’entretien, le recruteur vous pose une question à ce propos (par exemple : “Et sinon, vous avez des centres d’intérêt ? Vous n’en parlez pas dans votre CV.”) ; il le fera aussi si les centres d’intérêt que vous serez tout de même parvenu à noter remplissent pleinement leur rôle !