Chômeurs en grève

L’actualité sociale française est dominée par la situation de l’emploi et, secondairement, par le projet de réforme des retraites qui constitue surtout une actualité en devenir (l’automne pourrait être chaud…) s’il cesse toutefois de jouer l’Arlésienne comme il le fait depuis 20 ans.

Mais, dès lundi 3 mai, à l’appel de collectifs de chômeurs et de précaires, c’est toute la problématique des chômeurs en fin de droits et plus généralement de l’augmentation continuelle du chômage depuis le début de la crise économique et financière, de la précarisation grandissante des conditions de travail, qui viendra au devant de la scène à travers une grève des chômeurs.

Le mouvement, parti de Bretagne, est relayé par une coordination nationale qui s’oppose radicalement à la politique du gouvernement et conteste avec véhémence les récentes mesures annoncées par le président de la République.

A ce sujet, je vous invite à revenir sur l’actualité récente :
Ça s’est passé cette semaine (12 au 18 avril) (chapitre “Les chômeurs en fin de droits”)

Les mobilisations ont déjà débuté et se sont concrétisées, notamment, par la prise de parole de manifestants lors de l’émission télévisée “L’objet du scandale” sur Fance2 le 21 avril et se poursuivent par l’occupation, par exemple, d’agences du Pôle emploi.

@Lire :
La grève des chômeurs a commencé sur actuchomage.org

Ces actions sont clairement le fait de groupes contestataires “très marqués à gauche” pour reprendre la formule consacrée et qui se saisissent du contexte politique pour manifester leur opposition à la politique du gouvernement mais elles traduisent également l’aggravation de la situation économique et sociale d’une part grandissante de salariés précaires et de chômeurs.

@Lire :
Appel de la coordination des collectifs de chômeurs et précaires

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Et si le travail nous aidait à vivre bien ?

Une question et même un slogan qui nous invitent à partager l’idée d’un travail au service d’une économie plus humaine.

Au fil de rencontres dans toute la France entre le 21 mars et le 21 juin les organisateurs se proposent d’indiquer les pistes pour passer de l’idée aux actes.
Il nous engagent à questionner le travail, son organisation, ainsi que les modèles de production pour envisager autrement l’avenir économique dans une perspective durable, écologique, et solidaire.

De grands mots, qu’on retrouve accommodés à toutes les sauces et un peu à tort et à travers mais les organismes (une bonne douzaine !) qui animent ce printemps sont depuis longtemps concrètement impliqués dans le domaine.
Alors…
Vous trouverez peut-être votre bonheur dans le copieux programme de débats, projections ou portes ouvertes de cette troisième édition.

@Connaître :
Tous les événements du printemps, région par région
Le collectif du printemps, tous les organisateurs

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Lettre de motivation, candidature spontanée : conjuguez les talents (1)

Reprenons donc les choses là où nous les avons laissées : après l’accroche qui constituait le premier chapitre de votre lettre.
Maintenant que votre lecteur a mordu à l’hameçon, il s’agit de le ferrer. Vous n’avez pas le droit de décevoir c’est-à-dire qu’il ne faut pas relâcher l’étreinte au risque, sinon, de voir filer toute opportunité.

Le contenu (deuxième partie)
Une lettre de motivation ou de candidature spontanée doit tenir en une page, c’est à mon sens un impératif pour la simple et bonne raison que vous prenez du temps à votre lecteur qui, a priori, n’en a pas beaucoup à vous consacrer. Il doit d’emblée être rassuré, cela n’excèdera pas quelques minutes : la feuille qu’il a entre les mains comporte, en bas à droite, votre signature, il n’a pas à tourner la page ou à lire un second feuillet. Ouf !
Si vous envoyez votre lettre par courriel le même principe doit vous guider : pas de lettre en pièce jointe, votre courriel est votre lettre, votre lecteur plonge dans le vif immédiatement.
L’ensemble du corps de texte de votre lettre (hors en-tête et pied de page) doit constituer environ les 2/3 de la page.
En matière de présentation, le plus simple est de justifier l’ensemble de votre texte à gauche mais vous êtes libre, si vous préférez ce style, d’adopter un retrait pour le destinataire et chaque paragraphe. En revanche, il est impératif de respecter une marge à gauche et à droite d’environ 2 centimètres.

L’introduction
Avant de passer au vif du sujet, revenons un bref instant en arrière (un exemple à ne surtout pas suivre dans une lettre de candidature !) car avant même votre accroche il faut, c’est la moindre des politesses, saluer votre lecteur et lui indiquer la raison de votre courrier.
Votre lettre à un objet, il faut clairement l’énoncer ! En l’occurrence il peut s’agir d’une annonce à laquelle vous répondez ou d’une candidature spontanée.
Pour une réponse à une annonce, vous indiquez alors :
La date de parution
Le lieu de parution (dans tel journal ou sur tel site le plus souvent)
La référence de l’annonce

Objet : offre parue le 20 avril 2010 sur Prêt à l’emploi, référence PAE200410
Ou
Objet : candidature spontanée

Nota bene : cette règle qui veut qu’on indique au lecteur la raison de notre courrier ne vaut pas, pour certains, lorsqu’il s’agit d’une candidature spontanée : ils préfèrent utiliser l’accroche pour expliquer leur démarche. A titre personnel, je préfère la première option mais là encore la diversité des méthodes doit vous inciter à choisir selon ce qui vous semble le mieux vous correspondre.

Votre lettre s’adresse à un destinataire (vous l’avez signifié dans l’en-tête), vous devez le nommer : Monsieur Machin, Madame bidule, si vous n’avez pas de destinataire nominatif, optez simplement pour la formule : Madame, Monsieur,

Le développement
Vous l’avez compris il faut ici écrire le maximum d’informations avec un minimum de mots, il faut donc s’organiser, se fixer des objectifs simples et s’y tenir.
Je vous propose d’essayer d’intéresser votre lecteur en l’impliquant dans votre démarche, plus qu’une cible ou qu’une proie vous allez chercher à en faire un partenaire, en trois temps distincts mais étroitement liés.

Premier temps : l’entreprise, votre lecteur

Il importe de montrer à votre lecteur que vous connaissez l’entreprise à laquelle vous proposez vos services. Vous devez vous informer sur ses activités et plus particulièrement les plus récentes pour y faire référence à ce moment soit en les liant au poste pour lequel vous postulez soit en les citant comme une motivation à votre candidature spontanée. Mieux, il est judicieux de faire référence à l’activité de votre interlocuteur, si cela se justifie, et à ses réalisations récentes (ou à celles du service qu’il dirige).

A titre d’illustration, imaginons que vous souhaitiez écrire pour Prêt à l’emploi : avant même de vanter vos qualités rédactionnelles, vous chercheriez à m’intéresser à votre démarche en évoquant la tonalité générale du blog, une thématique récurrente ou encore quelque billet récent que vous avez lu (à ce propos si vous ne l’avez pas fait, il est encore temps de lire les derniers billets) et l’intérêt qu’il a suscité, les idées qu’il a fait naître chez vous.

Quoi qu’il en soit, évitez tout éloge ou flatterie, soyez factuel : montrez simplement de l’intérêt, démontrez que vous avez passé du temps à vous informer, en somme que vous vous intéressez à l’entreprise, que le poste vous motive. L’ensemble doit servir un objectif unique, personnaliser votre candidature en la situant dans un contexte proche de celui de votre destinataire. Il va dès lors de soi que chaque lettre, même si vous en avez de nombreuses à rédiger (ce qui ne manque pas d’être le cas quand on recherche un emploi), doit faire l’objet d’une rédaction originale qui interdit la répétition des mêmes formules toutes faites ou les “copier-coller” ; c’est exigeant et parfois fastidieux mais c’est une discipline qui à terme s’avère payante.

Au total ce paragraphe ne doit pas excéder deux phrases, trois au grand maximum, qui doivent ouvrir vers les atouts que votre candidature offre en matière d’alliance future et qui seront l’objet du troisième temps du développement.

Mais c’est une autre histoire…

(à suivre)

@Lire :
Le premier billet de la série
Lettre de motivation, candidature spontanée : accrochez votre lecteur !
Billet en rapport
Lettre de candidature, CV : chassez les fautes !

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Compléter un temps partiel

Travailler à temps partiel n’est pas toujours un choix.
Bien au contraire, avec la précarisation grandissante des parcours professionnels, la progression du chômage, le travail à temps partiel est de plus en plus souvent un pis aller, un choix contraint, qui concerne d’ailleurs les femmes plus encore que les hommes.

Dans l’actualité toute récente nous avons à ce propos relevé la part grandissante du travail à temps partiel lors d’un retour à l’emploi.
@Lire :
Ça s’est passé cette semaine (12 au 18 avril)

L’initiative de la maison de l’emploi et de la formation professionnelle du pays d’Auray, dans le Morbihan, de créer un site Internet dédié aux employeurs recherchant du personnel pour des missions courtes ou sur de faibles volumes horaires et aux salariés à temps partiel désireux de compléter leur activité… et leurs revenus, est illustrative de cette situation.

Tempspartiel.fr met ainsi en relation employeurs et candidats qui peuvent, pour les premiers indiquer leurs besoins et, pour les seconds, postuler à plusieurs métiers (jusqu’à dix) en indiquant leurs compétences et leur disponibilité. L’intérêt réside dans la rapidité de la mise en relation, qui se fait au jour le jour, par simple courriel : en fonction des profils qu’il a créés, chaque candidat est informé dès qu’une offre correspondante est déposée sur le site. Le dispositif est bien sûr également ouvert à ceux et celles qui recherchent un emploi à temps partiel, étudiants ou retraités notamment.

Lancé pour une période expérimentale de six mois en collaboration avec le Pôle emploi, le site concerne également le pays de Vitré (Ille-et-Vilaine) ; il fait suite à d’autres initiatives comme Espace saisonnier ou Profilio, destiné à rapprocher cadres et entreprises et dont nous avions déjà eu l’occasion de parler.

@Lire :
Profilio relie les entreprises et les cadres du Morbihan

Faut-il craindre dans ce type d’initiative une précarisation toujours plus grande des conditions de travail par la mise à disposition des employeurs d’une main d’œuvre fragilisée ? Peut-on y voir, à l’inverse, l’occasion pour des travailleurs précaires de l’être un peu moins ?

@Visiter :
Le site tempspartiel.fr

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Ça s’est passé cette semaine (12 au 18 avril)

Un début de solution pour les chômeurs en fin de droits et un début de reprise sur le “marché” de l’emploi, voilà deux des nouvelles qui ont dominé l’actualité de l’emploi cette dernière semaine mais nous débuterons par un point sur le statut d’auto-entrepreneur.

Entreprises
Auto-entrepreneurs, un premier bilan
L’insee vient de mettre à jour ses indicateurs sur les auto-entrepreneurs en 2009, les chiffres sont définitifs. Les statistiques de créations d’auto-entrepreneurs proviennent du répertoire des entreprises et des établissements (REE-SIRENE) géré par l’Insee.

@Lire :
Nombre de créations d’auto-entrepreneurs en 2009

Le débat sur la question reste vif. Le statut ne sera pas limité à 3 ans malgré les propositions en ce sens de certains sénateurs sous l’impulsion, notamment, des artisans de divers secteurs : la simplicité et surtout la fiscalité du statut de l’auto-entrepreneur leur apparaît comme une concurrence déloyale. Vendredi les artisans du bâtiment ont fortement chahuté Benoist Apparu, le secrétaire d’état au logement, lors de leur congrès quand celui-ci a voulu défendre les auto-entrepreneurs.

@Lire :
Le débat sur l’auto-entrepreneur fait ressurgir le statut du pluriactif

Emploi et chômage
Les voix se multiplient pour annoncer la fin de la crise économique et financière mais elles s’apparentent encore à des incantations que leurs auteurs voudraient magiques.

Recrutement
Les échos ont publié une radiographie détaillée des projets de recrutement en 2010, basée sur l’enquête annuelle sur les besoins en main-d’oeuvre des entreprises (BMO) publiée par le Pôle emploi.
On pourrait se laisser transporter par l’optimisme devant les 1700000 projets de recrutement annoncés mais on se persuade très vite de raison garder : la précarité des recrutements envisagés est patente : contrats à durée déterminée pour une bonne part d’entre eux “très courts” et intérim dominent.

@Lire :
Entreprises : radiographie des projets de recrutement en 2010

On redescend définitivement sur terre à la lecture de Slovar qui nous rappelle qu’il ne s’agit jamais que de promesses d’embauche et qu’elles tombent à point nommé, quand le gouvernement et le président de la République tiennent à signifier leur mobilisation contre le chômage. Car, en y regardant de plus près, il s’avère que le Pôle emploi a changé les règles de comptage pour cette enquête, de l’aveu même du directeur des études et statistiques, Bernard Ernst, empêchant ainsi toute comparaison avec les années précédentes.

@Lire :
Pôle Emploi invente “l’Emploithon” et recueille 1 700 000 promesses d’emplois pour 2010 !

Retour à l’emploi ?
Les sortants des listes de Pôle emploi ne retrouvent pas tous un emploi : ainsi en septembre 2009 ils ne sont que 44% à avoir repris une activité, une part en recul sensible (de 3,4 points) sur un an.
Mais surtout, pour confirmer s’il en était besoin nos réticences à l’emballement devant les recrutements annoncés plus haut, ces retours à l’emploi sont de plus en plus précaires : les deux graphiques suivants l’attestent clairement, les reprises d’emploi en contrat à durée déterminée plongent aussi fortement que les reprises d’emploi à temps plein.

@Source :
Les sortants des listes de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle Emploi, en septembre 2009, DARES, avril 2010 (document à télécharger en pdf)

Les chômeurs en fin de droits
Une solution a été trouvée qui satisfait apparemment aussi bien gouvernement que syndicats, une “allocation temporaire de crise”, d’un montant proche du RSA (revenu de solidarité active).
Toutefois, cette allocation concernera “seulement” entre 70000 et 110000 des quelques 360000 chômeurs en fin de droits susceptibles de se retrouver sans aucun revenu en 2010. Il n’est, pour le moment, rien dit du sort des exclus de l’allocation ; en revanche l’attribution de l’allocation est conditionnée par l’obligation faite aux bénéficiaires d’accepter toute offre de contrat aidé ou de formation que pourrait leur faire les conseillers du Pôle emploi. A 456 euros par mois pendant 6 mois, montant et durée de l’allocation, d’aucuns jugent déjà que “le compte n’y est pas” tel Alain Marcu pour l’association AC!.

@Lire :
Création d’une allocation temporaire pour les chômeurs en fin de droits
Chômeurs en fin de droits : Les miettes de Sarkozy sur actuchomage.org

D’autres mesures, déjà annoncées, consisteront en des contrats aidés et des formations rémunérées. Mais l’état envisage de ne pas les assumer seul et de faire appel aux partenaires sociaux et, surtout, aux régions, pour le suppléer.

@Lire :
Chômeurs en fin de droits : les régions sollicitées pour financer les deux mesures phares dans La gazette des communes

Parutions
Les dernières publications des indicateurs de la DARES  (Direction de l’animation de la recherche, des études et des statisitiques) soufflent le chaud et le froid attestant d’un côté d’une reprise de l’activité économique ou même, par exemple, de création d’emplois dans le secteur tertiaire et, de l’autre, d’une poursuite de la hausse du nombre de chômeurs au quatrième trimestre 2009.

@Lire :
Conjoncture de l’emploi et du chômage au quatrième trimestre 2009 (à télécharger au format pdf)

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