Travailleurs pauvres, travailleurs découragés

La trêve des confiseurs, formule consacrée pour décrire la période de temps entre noël et le nouvel an, m’offre l’occasion d’un tour d’horizon de la situation sociale à travers quelques notions et formules qui, à défaut d’éveiller nos papilles, ne manquent pas de sel.

HaloLes chiffres du chômage sont et seront un éternel sujet de controverse : comment et qui comptabiliser, selon quelles règles et quelles normes ? Hormis les “erreurs”, comme celle commise par l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) dans le décompte des destructions d’emplois au troisième trimestre de cette année d’abord évaluées à 5500 mi-novembre puis corrigées mi-décembre à hauteur de 80700 (une peccadille !), les méthodes de comptage divergent d’un gouvernement à l’autre, d’un parti politique à l’autre.

Si les définitions sont claires, elles ne font néanmoins pas l’unanimité comme on peut le lire ci-dessous, entretenant la possibilité d’une confusion, d’une incertitude dans les données dont on se demande (en ayant assez vite une idée de la réponse) qui cela arrange.

Selon le Bureau international du travail (BIT), “un chômeur est une personne en âge de travailler (15 ans ou plus) qui répond simultanément à trois conditions :
- être sans emploi, c’est à dire ne pas avoir travaillé, ne serait-ce qu’une heure, durant une semaine de référence ;
- être disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours ;
- avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.”

L’Insee précise utilement qu’une personne répondant à cette définition “n’est pas forcément inscrite à Pôle Emploi (et inversement).”

On imagine aisément dès lors la multiplicité des avis inconciliables.

Le halo du chômage
Il reste, au-delà de ces querelles statistiques, une réalité brute, sans fard : le nombre de chômeurs ne cesse d’augmenter et, avec lui, la précarité et la pauvreté de s’étendre.
Cette réalité est complexe et faite de situations incertaines, transitoires que l’on peine à décrire, à catégoriser. Ainsi, dans le numéro d’octobre de Insee Première, l’institut rapporte que, en 2007, il dénombrait environ 770 000 inactifs de 15 à 64 ans qui souhaitaient travailler sans les compter comme chômeurs car ils ne recherchaient pas d’emploi, pour 535 000 d’entre eux, ou n’étaient pas disponibles rapidement pour travailler, pour 233 000 autres. Ces personnes forment, suivant la terminologie de l’INSEE, le halo du chômage.

Faudrait-il inclure ces inactifs dans les décomptes officiels du chômage ?
Pour partie non, car la population est plutôt volatile ou, c’est plus juste mais moins léger : précaire. Ainsi, 14% des personnes évoquées ci-dessus travaillaient le trimestre suivant alors que 33% ne souhaitaient plus travailler.
Pour partie oui, assurément !, c’est notamment le cas des travailleurs découragés, estimés à 49.000 en 2007, qui se déclarent disponibles pour occuper un emploi mais estiment que leur âge le leur interdit ou qu’il n’y a pas d’emplois auxquels ils puissent prétendre faute de formation ou d’expérience. Tout un chacun remarquera, au passage, que les mots ont une charge… parlante.

La pauvreté par le travail
En 2010, 1 000 000 de chômeurs arriveront en fin de droits et entreront, pour une partie d’entre eux, dans le halo du chômage. Ils côtoieront les travailleurs pauvres qui, eux, ont vu grossir leurs rangs de 21% entre 2003 et 2006 selon le rapport au Parlement récemment rendu par le haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, Martin Hirsch. Le travailleur pauvre est celui ou celle qui, en situation de pauvreté, a travaillé au moins six mois dans l’année.

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Le plus inquiétant quand on regarde ces chiffres est qu’ils décrivent tous une situation préalable à la crise actuelle que traverse le capitalisme. Pire encore, les plus touchés sont les jeunes : dans ce même rapport au Parlement on peut ainsi lire que parmi les 18/24 ans, hors population étudiante, 1 personne sur cinq dispose d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté et que ce taux a progressé de 15 % en cinq ans.
Alors, même si ce rapport s’échine à souligner que, globalement, la pauvreté ne progresse pas, il ne peut pas dissimuler pour autant que les pauvres sont de plus en plus pauvres comme le relève un article des Echos du mois de novembre.
Il ne peut pas davantage effacer la paupérisation de certaines catégories de travailleurs. Car, à l’instar du titre de l’article d’Alternatives économiques de juillet, il faut constater que parfois “le travail rend pauvre”, qu’il est même depuis quelques années le principal facteur de paupérisation et pas seulement à travers le travail intérimaire ou le travail à temps partiel mais aussi par le développement d’emplois peu ou mal rémunérés, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie restauration et des services à la personne.

Au final, l’ambition affichée par le président de la République de réduction “d’un tiers de la pauvreté en cinq ans” pourrait ne pas seulement être une vaine promesse (dénoncée par nombre d’opposants) mais aussi relever de la plus pure litote.

@Lire :
Sur “l’erreur” de l’Insee, l’article de Ouest-France, Emploi : les chiffres ne sont pas bons.
Insee Première, N°1260, octobre 2009 : Le « halo » du chômage : entre chômage BIT et inactivité, Élise Coudin, division Redistribution et politiques sociales, Hélène Thélot, cellule Synthèse et conjoncture de l’emploi, Insee.
La crise fait repartir à la hausse la pauvreté, LesEchos.fr, 5 novembre 2009.
Quand le travail rend pauvre, Alternatives Economiques, N°282, juillet 2009.

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Panorama lunaire et formation nordique

Avant de fêter la nouvelle année avec un retour sur les billets les plus lus de 2009, je vous propose en cette veille de noël un “best of” des billets de la catégorie “Détente-Humour” pour vous remémorer ou vous faire découvrir ce qui m’a le plus ébloui et ce qui m’a le plus fait rire lors de mes pérégrinations sur la toile cette année.

Parviendrez-vous à décrocher la lune ?

Drôle de titre pour cette banale vue panoramique de Paris sauf si, comme nous y invite le photographe Jean-François Rauzier, nous allons au-delà des apparences découvrir les merveilles cachées. N’hésitez pas, zoomez encore et encore… Il n’y a rien à gagner mais ceux qui trouvent peuvent, en commentaire, laisser des indices aux autres, un peu de solidarité voyons !

paris


Formation de base en sciences de l’information

Seul commentaire possible, et nécessaire !,  sur cette vidéo : il s’agit d’un film norvégien.

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Emploi en informatique avec Futura-Techno

Le site Futura-Sciences, véritable fourre-tout en ligne qui traite de sciences, bien sûr, mais aussi d’environnement, de santé et de technologie offre également à ses lecteurs plusieurs rubriques emploi dont la toute récente rubrique emploi informatique.

Animée, comme les précédentes (emploi environnement et emploi santé), en collaboration avec RégionsJob.com, la rubrique propose un moteur de recherche d’emplois en informatique parmi environ 2000 annonces.
Les offres sont accessibles par ville, par fonction, par niveau de qualification ainsi que par niveau d’expérience professionnelle et les personnes intéressées peuvent candidater directement depuis le site.

Futura_techno

@Visiter :
Futura-Techno, emploi en informatique
Toutes les offres d’emploi (environnement, santé, informatique)

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Emploi des seniors : du nouveau en 2010

L’emploi des salariés âgés, ou “seniors” c’est le terme désormais consacré, est une priorité clairement mise en avant par le gouvernement dans la loi du 17 décembre 2008 qui fixe aux entreprises de 50 salariés ou pus l’obligation de se doter d’un accord d’entreprise ou de branche selon les cas ou, à défaut, de mettre en oeuvre un plan d’action avant le 1er janvier 2010. Même si le ministre du travail, Xavier Darcos, vient d’accorder un délai aux PME de 50 à 300 salariés et de repousser, en ce qui les concerne, au 1er avril 2010 l’application de la loi, il reste que les sanctions pécuniaires seront bien appliquées, à hauteur de 1% de la masse salariale en cas de non respect des dispositions prévues.

L’objectif est clair : augmenter le taux d’emploi des seniors, actuellement évalué à 38%, pour atteindre les objectifs définis pour la Communauté européenne, 50% en 2010.

Seniors_entrepriseLa publication, le 18 décembre, de l’ouvrage de Nicole Raoult et Guillaume Huyez-Levrat, Les seniors dans l’entreprise : manager ou négocier ?, tombe donc a point nommé.

En effet, l’ouvrage traite dans le détail des implications de la loi et de ses conséquences en matière de gestion des personnels à partir d’études de cas précis d’entreprises qui ont déjà mis en oeuvre, avec plus ou moins de succès, une politique de l’emploi des seniors. Les auteurs indiquent une méthodologie susceptible d’harmoniser exigences légales et contraintes d’organisation et de management.

Au sommaire de l’ouvrage :

  • Les préalables à l’action
    • Les seniors vers un nouveau compromis
    • L’ouverture du champ de négociation
    • Perceptions du travail chez les cadres à l’approche de la retraite
  • Négocier ou manager ?
    • Comment agir ?
    • Les thèmes d’actions du décret
    • Les stratégies d’entreprises : vers une démarche globale
  • De l’emploi des seniors au travail soutenable et durable
    • Evolution des entreprises et hétérogénéisation des parcours professionnels
    • Penser le travail soutenable et durable

Références :
Loi n° 2008-1330 du 17 décembre 2008 de financement de la sécurité sociale pour 2009
Décret n° 2009-560 du 20 mai 2009 relatif au contenu et à la validation des accords et des plans d’action en faveur de l’emploi des salariés âgés

@Lire :
Nicole Raoult, Guillaume Huyez-Levrat, Les seniors dans l’entreprise : manager ou négocier ?, Editions Liaisons, coll. liaisons sociales, Paris, 2009.

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Formations en solidarité, travailler dans l’humanitaire

Bioforce

L’engagement humanitaire ne repose pas uniquement sur la bonne volonté et la motivation ; l’acquisition de compétences et la valorisation de celles dont on dispose sont indispensables à la réalisation d’un projet personnel d’investissement dans le domaine.

Parmi les organismes qui oeuvrent à former des professionnels dans l’humanitaire et le développement, l’Institut Bioforce Développement est une association, créée en 1983, qui délivre 15 000 heures de formation par an, en France et à l’étranger et est reconnue comme un acteur de l’engagement solidaire par nombre d’organismes qui emploient les stagiaires issus de ses cursus : Action contre la faim, Médecins sans frontières, Handicap international, Croix-Rouge française, Médecins du monde…

Bioforce dispense des formations longues ou courtes qui peuvent entrer dans le cadre de la formation continue comme de la formation initiale et donc faire l’objet de financement et de prise en charge selon chaque situation. Un ensemble de formations sont également accessibles par le biais de la validation des acquis de l’expérience (VAE) qui permet de faire reconnaître une expérience afin d’obtenir un diplôme, un titre ou un certificat de qualification professionnelle par d’autres voies que l’examen.

Les secteurs d’activité concernés par les formations de l’humanitaire et du développement sont extrêmement divers et vont de l’administration et de la gestion à la coordination de projet, la logistique et l’ingénierie technique (par exemple dans le domaine de l’eau ou de l’assainissement). Les formations sont dispensés principalement sur Lyon et Paris.

L’association travaille aussi à faire connaître les métiers de l’humanitaire et à sensibiliser tous les publics aux missions humanitaires et de développement par le Tour de France humanitaire : elle participait ainsi au récent salon de l’emploi responsable à Paris, dont nous avions parlé ici, et participera les 22 et 23 janvier 2010 au forum de l’emploi et des métiers dans l’économie sociale et solidaire en Rhône-Alpes à Lyon.

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Le Tour de France humanitaire

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