Travail, emploi : lectures automnales
La précarisation du travail n’est pas nouvelle, l’histoire des luttes des bûcherons et des dockers du 19ème siècle en atteste ; le recul des mobilisations et des solidarités ne peut donc se réduire à l’idée que des salariés précarisés ne se rebellent pas, d’autant plus s’ils sont délaissés par les syndicats.
Les multiples contributions de ce panorama des actions et réactions des travailleurs les plus précaires en lutte pour leur survie face à l’exploitation présente une vision pessimiste mais réaliste d’une population en souffrance, d’une société en déshérence.
Quand le travail se précarise, quelles résistances collectives ?, sous la direction de Sophie Béroud et Paul Bouffartigue, Ed. La Dispute, 2009.
L’auteur, Eric Maurin, est directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur à l’École d’économie de Paris.
Il analyse dans cet ouvrage les règles qui régissent un phénomène, le déclassement, qui ne concerne qu’une infime minorité d’individus mais qui éveille, selon lui, une peur grandissante dans la société et serait le symptôme du dérèglement du modèle social français. S’il réduit sans doute abusivement le déclassement à la “déchéance sociale” et retient le chômage comme principal critère de définition, ce qui écarte un grand nombre de situations intermédiaires pourtant tout aussi dramatiques, il expose la complexité d’une société qui confond à tort déclassement et peur du déclassement.
Eric Maurin, La peur du déclassement, Ed. du Seuil, Paris, 2009.
Le développement économique, le progrès, l’environnement, le bien-être… Autant de notions qui semblent inconciliables ou qui, pour le moins, divisent politiciens, économistes et acteurs sociaux. L’ouvrage, placé sous la direction de Baptiste Mylondo, est une émanation de la première conférence internationale sur la décroissance. Il propose, à travers de multiples contributions, une vision écologique et socialement équitable de l’avenir économique et, surtout, ouvre sur des questionnements croisés des notions de croissance et de décroissance.
La décroissance économique. Pour la soutenabilité écologique et l’équité sociale, sous la direction de Baptiste Mylondo, Ed. du Croquant, 2009.
Danièle Linhart, sociologue et directrice de recherche au CNRS propose l’analyse d’événements que l’on peut juger anciens mais dont l’actualité nous rappelle la force et justifie pleinement l’édition de poche de cet ouvrage…
Et pour mieux comprendre son travail, comme pour connaître ses différentes recherches, il est utile de lire cet entretien qu’elle a accordé à Elsa Fayner, auteure du blog Et voilà le travail : “Un salarié en situation d’insécurité serait plus rentable”.
Danièle Linhart, Perte d’emploi, perte de soi, Ed. ERES, Paris, 2009.


“Vivons mieux, vivons moins cher “, nous connaissons tous ce slogan d’une marque réputée de la grande distribution française. Et nous sommes tous sensibles, crise oblige, aux prix bas, aux offres promotionnelles. Cependant, les prix “cassés” sont parfois le résultat de pratiques d’achat et de conditions de production pour le moins… critiquables, pour utiliser un doux euphémisme.
L’association Acteurs, dans le cadre du Contrat urbain de cohésion sociale (CUCS) de Montpellier a mis sur pied depuis le 20 novembre dernier une action de formation originale, intitulé “Blog pour l’emploi”, à destination des habitants des quartiers populaires.



