La gueule de l’emploi, misère du recrutement

La gueule de l’emploi est un documentaire réalisé par Didier Cros qui va, je l’espère, provoquer du remue-ménage dans le Landerneau des cabinets de recrutement ; l’annonce de sa diffusion demain soir sur France 2, après un bref passage sur le site de Télérama dimanche dernier, se répand déjà comme une traînée de tweets sur la toile.

Pourquoi ?
Parce que le documentaire en question retrace un processus de recrutement et met en lumière des pratiques totalement irrespectueuses des candidats et candidates aux postes proposés.
Le billet publié aujourd’hui par Alain Gavand souligne, bien mieux que je ne saurais l’écrire, la gravité des faits. Ses propos prennent d’autant plus de force qu’il est lui-même PDG d’un cabinet de recrutement et de conseil en ressources humaines et membre du Conseil d’administration de l’association A compétence égale qui réunit un grand nombre de cabinets de recrutement qui s’engagent dans la lutte pour l’égalité des chances et contre les discriminations.
Il y reviendra demain, dans l’émission de Guillaume Erner, Service public, sur France Inter à 10 heures.

@Lire :
La gueule de l’emploi. Ou le recrutement obscène., par Alain Gavand sur Nouvelle Donne RH
Un recrutement à compétence égale, billet publié sur Prêt à l’emploi le 26/11/2009
@Visiter :
Le site A compétence égale

Outre ces pratiques qu’on voudrait d’un autre âge, les recruteurs se rendent également coupables d’infractions à la loi par des questions qu’il leur est parfaitement interdit de poser et dont j’ai déjà évoqué la récurrence dans un précédent billet.

Un recruteur peut tout à fait vous demander combien vous gagniez chez votre dernier employeur et même que vous lui présentiez vos bulletins de salaire.
Il n’a pas, en revanche, à vous demander l’état de votre compte en banque. Il ne peut pas davantage s’enquérir de vos préférences sexuelles, de votre religion, de votre orientation politique ou syndicale, etc.
Ici les limites sont posées par la loi, en l’occurrence le code du travail, qui stipule (…)

Lire la suite : Entretien de recrutement : questions pièges, questions autorisées, questions interdites ?

Le calvaire que peut, parfois seulement !, représenter une recherche d’emploi est terriblement bien rendu dans le parcours des 10 candidats décrit dans le documentaire de Didier Cros ; même si le regarder est une épreuve, il fait oeuvre d’expérience et peut permettre d’être mieux armé quand des situations semblables se présentent.

@Voir :
La gueule de l’emploi, de Didier Cros, jeudi 6 octobre, 23h10, France 2, présentation et critique sur Télérama
@Ecouter :
Service public, une émission de Guillaume Erner, jeudi 6 octobre, 10 heures, France Inter

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3 Comments »

  1. Cabinet-de-recrutement.eu Said,

    October 12, 2011 @ 9:32 pm

    Tout est dans le titre. Quelle misère!
    Effectivement, la prise de position d’Alain Gavand est remarquable et digne. 

  2. NANKER Said,

    December 19, 2011 @ 7:03 pm

    Objet : candidature pour le poste de commercial assurance
    Madame, Monsieur,
    Sadomasochiste dans l’âme et malléable à souhait, je rêve depuis longtemps de trouver des recruteurs qui sauront m’étriper et m’agresser, me rendre mal à l’aise et envie de vomir par des épreuves débiles et me rabaisser dans ma dignité d’homme.
    J’apprécie qu’on me parle sur un ton paternisant, méprisant et sarcastique, et je serai ravi de le démontrer lors d’entretiens collectifs et individuels plutôt musclés. Ce challenge, excusez moi le mot, m’excite. J’ai hâte de me confronter aux autres candidats dans cette arène de gladiateurs et de les écraser sans ménagement. Pour ensuite avoir le plaisir de me faire à mon tour humilier par les lions puissants du GAN.
    J’aime beaucoup ce suspens que vous distillez, cette petite adrénaline de ne pas savoir sur quel poste je vais tomber. Moi qui adore les surprises, cela sera génial de découvrir ce que vous m’avez réservé.
    L’image du monde de l’entreprise que vous renvoyez donne envie de se lever chaque matin pour aller se battre dans cette belle cage aux fauves. Je ne peux pas concevoir que l’on passe à côté de cette faveur ultime qui est la proposition d’un hypothétique emploi (même en période d’essai), graal de notre société et synonyme d’existence sociale. Que coûtent quelques minutes d’inexistence en tant qu’homme si cela peut faire gagner une existence sociale à vie avec un beau CDI payé 1020€ net, ce qui est largement suffisant pour vivre ? Pourquoi vouloir plus quand on nous offre déjà cette chance fabuleuse de travailler chez GAN et de blaguer devant la machine à café ?
    Par ailleurs, fatigué de penser par moi-même, j’ai hâte de devenir un mouton formaté pour dépenser l’énergie ainsi économisée à réfléchir en vendant des assurances à vos clients.
    Je me tiens à votre disposition pour toute information complémentaire, y compris bien sur, sur ma vie privée.
    Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.
     

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