21 heures hebdomadaires, une utopie ?
Le président de la république qui, il est vrai, est en pleine campagne électorale pour les élections régionales, vilipendait une énième fois cette semaine lors d’un déplacement en province la loi sur les 35 heures qu’il rend responsable de la mauvaise santé actuelle de l’économie et de l’emploi en France. On connaît la rengaine, on sait également que le gouvernement, notamment par les mesures prises en matière d’heures supplémentaires, a notoirement édulcoré ladite loi.
A ce sujet, on peut lire avec intérêt l’article de Guillaume Duval, sur Alternatives économiques : “Le scandale des heures sup“
Il est instructif et même cocasse de voir dans le même temps qu’en Grande-Bretagne ou aux États-Unis, qui sont souvent élevés au rang de modèles par ce même président et par son gouvernement, des groupes de réflexion à la fois très sérieux et très libéraux envisagent eux, avec force arguments, une semaine de travail à 21 heures.
Ainsi the new economics foundation constate que la crise économique laisse un nombre toujours croissant de personnes sans travail d’un côté alors que de l’autre des salariés, de plus en plus nombreux là aussi, sont surchargés de travail, stressés. Elle note également l’aggravation des inégalités sociales et économiques et relève que le réchauffement climatique oblige à réduire les émissions de CO2 donc à revoir à la baisse tant la production industrielle que la satisfaction de nos besoins. Le rapport qu’elle en tire, intitulé sobrement “21 hours”, invite à envisager à moyen terme une réduction progressive mais conséquente des durées moyennes de travail et, plus largement, une profonde réforme des modèles économiques et sociaux de nos sociétés.
@Lire :
“21 hours”, “Why a shorter working week can help us all to flourish in the 21st century”, par Anna Coote, Jane Franklin et Andrew Simms, the new economics foundation (nef), février 2010 (en anglais, en téléchargement au format pdf sur le site PolitiquesSociales.net)
Vous pouvez retrouver dans l’édition du Courrier international de cette semaine un dossier complet qui détaille notamment les raisonnements du rapport de the new economics foundation (accessible en ligne pour les abonnés, disponible en kiosque pour 3,50 euros).
Le sommaire :
Travail : Réduire le chômage de masse
- Vers la semaine de 21 heures
- Allemagne : Le sous-emploi et les inégalités sont liés
- Licencier nuit aussi à la santé des entreprises
- Concentration : Les multinationales sont en partie responsables
- États-Unis : Mieux vaut partager les emplois
- Retour à l’ouvrage bien fait








Sylvaine Said,
March 12, 2010 @ 5:11 pm
On est en train de comprendre que d’une part, le partage du travail est plus juste que le chômage pour les uns et les heures sup pour les autres, que d’autre part des salariés moins stressés ça serait sans doute une bonne idée et enfin que la surconsommation, à long terme, c’est sans doute une fausse bonne idée. Peut-être que, finalement, il y a de l’espoir?
Luc Said,
March 12, 2010 @ 7:06 pm
En plus en bossant que 21 heures ça en laisse tout plein d’autres pour consommer !
vda Said,
March 12, 2010 @ 8:54 pm
Oui, a condition que la regle soit la même au niveau mondial…
Et comme il y aura toujours un crétin pour travailler plus que les autres afin de gagner plus, ben c’est pas prêt d’arriver.
Coltrane Said,
March 12, 2010 @ 9:22 pm
@Sylvaine : Je reconnais bien dans ton commentaire l’incorrigible optimiste et je suis prêt à rejoindre ton avis, on se rend compte qu’il va falloir partager le travail mais on sait aussi que, du même coup, il faudra davantage partager les richesses et là ça coince un peu…